Attribution des prix, promotion 2019

Comme chaque année, notre société à remis les prix qu’elle décerne à l’occasion de son assemblée générale.

Le prix de Coincy

a été attribué à Benoît Bock

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Le prix Gandoger de phanérogamie

a été attribué à Marcel Saule pour la publication de son magnifique ouvrage « Nouvelle flore illustrée des Pyrénées » que nous avions annoncé lors de sa parution en octobre 2018.

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Le prix Gandoger de cryptogamie

a été attribué à Guillaume Eyssartier

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le prix Jussieu

a été attribué à Sandrine Moja et à son équipe pour leur publication “A Comparative Study of Terpene Composition in Different Clades of the Genus Lavandula.” dans notre journal Botany Letters #165-3/4
lire l’article dédié.

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le prix du Conseil

a été attribué à René Delépine

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Offre de thèse « Des biomasses végétales aquatiques comme source de biofloculant pour le traitement des eaux »

Jussie envahissant les barthes d’une rivière landaise. Image : Florent Beck (CC by-sa, via Tela Botanica)

Présentation du projet de thèse :

Ce projet permet d’envisager le développement d’une économie circulaire autour d’une biomasse largement disponible en région Nouvelle-Aquitaine que ce soit du point de vue des macrophytes aquatiques autochtones (myriophylle à fleurs alternes, myriophylle en épi, renoncule en pinceau…) ou invasifs (jussies, myriophylle brésilien, lagarosiphon, élodée…) que des sous-produits des biotechnologies bleues basées sur la culture des algues.

En effet, la biomasse des plantes autochtones a été estimée sur la Vienne à 1014 t de biomasse fraîche égouttée soit 85 t de masse sèche pour 27 km de rivière et 191 ha de surface d’herbier (tous types confondus) (L. Chabrol, comm. Pers.) et pour les plantes exotiques envahissantes cette biomasse est également importante et peut atteindre de 1 à 4 kg de masse sèche/m 2 dans certaines zones des lacs aquitains comme celui de Lacanau (IRSTEA, 2016).

Un autre genre de plante invasive retrouvé fréquemment est Ludwigia -les jussies- qui colonise également les cours d’eau comme le démontre la cartographie réalisée en Poitou-Charentes. L’élimination de ces végétaux invasifs est difficile et la meilleure option reste, pour l’instant, l’arrachage qui est une technique extrêmement coûteuse puisqu’une estimation indique un coût de 46 900 €/ ha (Spasovski, 2001 cité par Dandelot, 2004).

Cette biomasse pourrait donc constituer une source importante de molécules naturelles valorisables. Nous nous proposons donc de rechercher dans ces végétaux aquatiques de molécules qui pourraient être utilisées comme coagulant dans le traitement des eaux comme cela a déjà été réalisé pour un certains nombres d’espèces terrestres telles que le câprier (Jaeel et Ali, 2018), le manioc (Mohd-Asharuddin et al., 2018), les graines d’Hibiscus (Ndahi Jones et Bridgemanb, 2019), le psyllium (Ramavandi, 2014), l’opuntia (Bouaouine et al., 2019) ou le moringa (Feihrmann et al., 2017) entre autres.

D’autres sources de molécules naturelles peuvent être utilisées comme cela a été décrit dans la revue de Lima Junior et Abreu (2018). A notre connaissance, très peu de plantes aquatiques et aucun macrophyte aquatique submergé n’ont été évalués comme source de biomolécules pour le traitement des eaux (Varsha et al., 2010). Cependant, les classes de molécules intervenant dans les processus de coagulation/floculation en traitement des eaux sont, pour certaines, identifiées : il s’agit de composés du métabolisme primaire tels que les polysaccharides notamment l’amidon et les protéines mais aussi de composés du métabolisme secondaire tels que les tannins entre autres (Bouaouine et al., 2019). Ces classes de molécules étant présentes chez les macrophytes aquatiques et notamment dans le genre Myriophyllum (Delmail et al., 2013, Glomski et al., 2002) mais aussi chez les microalgues (Hamouda et Abou-El-Souod, 2018), il apparaît pertinent de rechercher une préparation adaptée de ces biomasses pour une mise en œuvre efficace et durable dans des réactions de coagulation floculation pour le traitement d’eau de diverses qualités : eaux industrielles, eaux de surface.

Cette thèse est proposée par Michel Baudu, au sein de l’équipe PEIRENE EA 7500, Université de Limoges (Ex-GRESE EA 4330).

Parution du calendrier des stages de la SULIM

La Station Universitaire du Limousin (basée à Meymac en Corrèze et dépendant de l’Université de Limoges) a publié son calendrier de stages 2019 : https://www.unilim.fr/sulim/wp-content/uploads/sites/8/2018/12/DepliantStagesSULIM2019.pdf

La botanique y tient une place importante, il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux !

Le bulletin d’inscription peut être téléchargé (lien ci-dessus) mais doit être renvoyé par courrier au secrétariat à l’adresse suivante :

Direction de la Formation Continue – SULIM
Pôle Formation et Insertion Professionnelle
209 boulevard de Vanteaux
87000 LIMOGES
Tél : 05 87 50 68 57

Parution du Journal de Botanique n°83

Le numéro 83 du Journal de botanique est paru. Ce numéro thématique, coordonné par Michel Botineau et Florence Le Strat, est consacré aux botanistes et plantes dans le contexte difficile du conflit 1914-1918.

Organisé en 5 parties, ce volume aborde successivement des parcours de botanistes qui se sont illustrés pendant cette période, les plantes symboliques, obsidionales, utilitaires.

Symboliques, utilitaires, même parfois réconfortantes, les plantes ont joué un rôle majeur lors du conflit. Même si leurs usages sont tombés dans l’oubli, elles nous sont toutes familières aujourd’hui. Le dernier chapitre est consacré à la reconquête végétale du paysage.

Le numéro est disponible à la vente à l’unité (hors abonnement).

Conférence « La toiture végétalisée, véritable écosystème urbain ? »

Notre collègue Anne-Laure Stérin recommande cette conférence proposée par l’ARB Île-de-France le mois dernier et dont la vidéo est désormais visible en ligne.

Dans le cadre de son cycle de conférences à destination du grand public, l’ARB Île-de-France vous conviait à rencontrer son équipe dans le cadre d’une conférence grand public à quatre voix animée par Marc BARRA, écologue, Hemminki JOHAN, stagiaire naturaliste, Audrey MURATET, écologue et Gilles LECUIR, chargé d’études.

Les toits végétalisés existent depuis des milliers d’années un peu partout dans le monde sous des aspects très variés. En Europe, ces toits ont été délaissés avec l’urbanisation croissante à la faveur d’autres matériaux (zinc, tuiles, tôle, ardoise, ou béton). Cependant, depuis les années 90, la prise en compte politique de la nature en ville s’est accompagnée d’un regain d’intérêt pour ces toitures végétalisées. Des « solutions industrielles » se sont alors rapidement développées, inondant les villes de toitures à orpins, dites toitures « sedum ». Quelques alternatives conceptuelles, encore rares, apportent cependant une nuance dans cette normalisation.

De multiples avantages écologiques d’accueil pour la biodiversité, de rétention d’eau ou de stockage de carbone sont associés à ces toitures mais qu’en est-il réellement ? L’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France a engagé en 2017 l’étude GROOVES (pour Green ROOfs Verified Ecosystem Services). Nos écologues, soutenus par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), le Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNPB), IEES-Paris et l’INRA, ont analysé 32 toitures de typologies différentes (extensives, semi-intensives et intensives) via des inventaires des plantes et des invertébrés (dont les pollinisateurs), et des prélèvements de substrats. Leur objectif était de comprendre le rôle écologique de ces nouveaux écosystèmes urbains. Les premiers résultats de cette étude sont surprenants et vous seront présentés lors de cette conférence.

Déroulé de la conférence :
Notre équipe a présenté en images les toitures sélectionnées, leurs caractéristiques et leur répartition géographique. Ils ont détaillé ensuite les différents protocoles de suivi qui ont été mis en œuvre, vous ont fait découvrir les communautés animales et végétales toiturophiles et ont expliqué les caractéristiques des sols de ces toitures (composition, rétention d’eau, carbone stocké…). Ce travail original, par la diversité des approches, permet de mieux comprendre les fonctionnalités écologiques des toitures végétalisées.

Soutien de la SBF à la recherche

Dans le cadre d’un appel à projet lancé en 2016, la SBF a accordé un financement de recherche à l’équipe de Yohan Pillon, chercheur à l’UMR LSTM à Montpellier et à ses collègues Daniel Petit, Christelle Gady, Marilyne Soubrand, Emmanuel Joussein et Gaëlle Saladin du pôle de recherche pluridisciplinaire PEIREINE de l’Université de Limoges.

Lande – photo : Y. Pillon

Cette équipe vient de publier les résultats de ses travaux dans la revue « Plant & Soil« .

Le résumé de l’article traduit en français :

La co-existence d’un grand nombre d’espèces de plantes en compétition pour les même ressources essentielles (lumière, minéraux, etc.) est une question fondamentale en écologie, en particulier lorsque les espèces sont étroitement apparentées. Une étude a été menée sur l’écologie de six bruyères (Calluna vulgaris et Erica spp., Ericacées) qui peuvent cohabiter dans les mêmes landes.

L’ionome, c’est à dire la composition minérale de ces plantes, a été caractérisé avec une méthode d’échantillonnage permettant d’exclure les biais liés à la composition du sol. Neuf communautés de bruyères ont été étudiées dans le Limousin, représentant huit combinaisons différentes d’espèces sur serpentine et d’autres substrats géologiques.

Les résultats montrent que l’ionome est influencé à la fois par des facteurs environnementaux et des facteurs taxonomiques, avec une interaction significatives entre ces deux paramètres. Des espèces de bruyères poussant sur le même site ont des profils ionomiques distincts, leurs compositions minérales sont différentes, ce qui suggère qu’elles n’ont pas les mêmes stratégies nutritives. Des associations mycorhiziennes différentes pourraient expliquer ces différences de signature chimique, mais cela reste à démontrer.

L’usage différentiel des minéraux du sols pourrait permettre à plusieurs espèces de plantes étroitement apparentées de cohabiter sur un même site. Il pourrait également expliquer la très forte diversité de certains écosystèmes arbustives ou de certains genres comme Erica. L’ionomique est donc un outil prometteur pour des études écologiques sur les espèces sauvages.

La référence de l’article :

Pillon, Y., Petit, D., Gady, C. et al. (2018) Ionomics suggests niche differences between sympatric heathers (Ericaceae). Plant Soil (online first) – https://doi.org/10.1007/s11104-018-3870-8

Publication : « Le défi alimentaire »

Notre collègue Samuel Rebulard publie chez Belin Éducation son livre : « Le défi alimentaire – écologie, agronomie et avenir »

Intéressant chacun dans son quotidien, touchant globalement toutes les sociétés humaines, les questions liées à l’agriculture et à l’alimentation sont très présentes dans les débats contemporains. Le « Défi Alimentaire » propose une synthèse large des connaissances sur ces sujets. Après avoir dressé un bilan de la situation actuelle, des enjeux à relever et des conditions de la production agricole, l’ouvrage présente des pistes prometteuses d’évolution des pratiques agricoles.

Télécharger la fiche descriptive de l’ouvrage

Retrouvez le livre sur le site de l’éditeur.

Publication de Botany Letters #165-3-4 numéro spécial herbiers

La SBF est fière d’annoncer la publication d’un numéro spécial de sa revue Botany Letters, dédié aux herbiers et à leur utilisation dans la recherche scientifique.

L’accès en ligne à tous les articles de cette revue est gratuit pour nos adhérents.

De l’utilisation des herbiers au XXIe siècle

Les collections d’herbier1 sont depuis plus de quatre siècles les référentiels de la diversité des plantes et de la connaissance botanique. Elles servent traditionnellement à la systématique pour la description et la classification des espèces et à l’expertise botanique pour l’identification de spécimens issus de nouvelles récoltes par comparaison avec des spécimens de référence (types). Aujourd’hui l’utilisation des herbiers va plus loin, grâce notamment aux avancées technologiques et de communication interactive. En effet, de plus en plus de spécimens d’herbier sont numérisés et rendus accessible au public, les données de récolte sont retranscrites en masse en grande partie avec des projets de science participative et le séquençage des génomes de plantes s’est largement répandu.

Ce numéro spécial de Botany Letters, coordonné par Florian Jabbour2 et Guillaume Besnard3 présente un état de l’art sur le sujet avec une sélection d’études originales. Les contributions, internationales, dressent un tableau quasi exhaustif des utilisations actuelles des collections d’herbiers : études morphologiques, génomique évolutive, écologie…

Les collections d’herbier permettent de décrire la biodiversité passée et actuelle et son organisation dans l’espace et le temps, mais aussi d’étudier l’évolution des espèces de plantes et leurs mécanismes d’adaptation à l’environnement. Les herbiers représentent donc un outil essentiel pour répondre aux problématiques environnementales comme l’impact des changements globaux et la conservation de la biodiversité.

Référence : Besnard G., Gaudeul M., Lavergne S., Muller S., Rouhan G., Sukhorukov A.P., Vanderpoorten A., Jabbour F. 2018. Numéro spécial « Herbarium-based science in the twenty-first century« . Botany Letters 165(3-4): 323–327. https://doi.org/10.1080/23818107.2018.1482783

1 L’Index Herbariorum répertorie 3001 herbiers dans le monde, représentant au total plus de 387 millions de spécimens.
2 Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (Muséum national d’Histoire naturelle / CNRS / Sorbonne Université / EPHE)
3 Laboratoire Evolution et Diversité Biologique (CNRS / IRD / Univ. Toulouse III Paul Sabatier)

Herbarium-based science in the twenty-first century

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Page: (ebi)
Published online: 17 Oct 2018